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Il y a 5 jours  -  AFP, jeudi 12 octobre 2017

RD Congo: la pression monte pour que Kinshasa publie un calendrier électoral

Kinshasa doit publier au plus vite un calendrier pour organiser le départ du président Joseph Kabila, insiste la communauté internationale qui semble prise de cours par la dernière annonce de la commission électorale: aucun scrutin ne pourra se tenir avant 2019.

"A l’heure actuelle, la publication d’un calendrier électoral réaliste, l’établissement d’un budget pour la tenue des élections, la mise en oeuvre des mesures de décrispation et la garantie du respect des droits et libertés fondamentales sont les principales conditions à remplir pour faire avancer le processus politique", a déclaré le représentant de l’ONU en République démocratique du Congo Maman Sidikou devant le Conseil de sécurité à New York.

"Mon pays a bel et bien mis le cap vers les élections (...). Le calendrier sera publié incessamment", a répété pour sa part le ministre congolais des Affaires étrangères, Leonard She Okintundu, cité depuis New York par la radio onusienne Okapi.

La presse congolaise bruisse de rumeurs sur de prochaines initiatives diplomatiques pour l’instant non confirmées, comme une visite à Kinshasa ce week-end du président Sud-Africain Jacob Zuma puis de la représentante des Etats-Unis à l’ONU Nikki Haley la semaine prochaine.

A Kinshasa, la tension monte alors que la commission électorale nationale indépendante (CENI) vient d’annoncer lors d’une rencontre avec des ONG qu’elle ne serait pas en mesure d’organiser une élection avant 2019 pour remplacer Joseph Kabila, dont le second et dernier mandat a pris fin le 19 décembre 2016.

Cette annonce enterre définitivement l’accord entre le pouvoir et l’opposition du 31 décembre 2016. Conclu sous l’égide de l’Eglise catholique, le texte prévoyait des élections présidentielle, législative et locale au plus tard fin 2017.

Les Nations unies et les grands pays-partenaires continuent pourtant de réclamer l’application intégrale de l’accord du 31 décembre 2016.

"A notre connaissance, il n’y a pas eu de communication officielle de la part de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) sur le calendrier électoral. Comme nous avons eu l’occasion de l’indiquer à plusieurs reprises, nous appelons à la mise en œuvre urgente et dans son intégralité de l’accord politique du 31 décembre 2016, afin que soient organisées, dans les plus brefs délais, des élections crédibles et inclusives", a ainsi indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères.

- crainte de ’guerre civile’ -

Jeudi, la CENI a aussi annoncé le report d’une semaine d’une réunion tripartite avec le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) du 31 décembre.

Le président de la CENI Corneille Nangaa a tenu "un discours de vérité" à la société civile et aux partis politique, estime le quotidien Forum des As. Au contraire, le titre d’opposition Le Phare parle d’"une nouvelle provocation de la CENI" à propos de ce nouveau délai.

Le chef de l’opposition, Félix Tshisekedi, doit s’exprimer devant la presse à partir de 15H00 GMT. Avec l’autre opposant Moïse Katumbi, il demande une "transition sans Kabila" à compter de janvier 2018.

La tension politique est tout aussi palpable à l’Assemblée nationale, où l’opposition menace de déposer une motion de censure contre le Premier ministre Bruno Tshibala. La semaine dernière, l’opposition a déposé des motions de défiance contre le ministre de l’Intérieur, Emmanuel Shadari et son collègue de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba. Leur rejet est "inconstitutionnel", estime l’opposition.

La tension monte aussi chez les "parlementaires debout", ces Kinois ordinaires qui commentent l’actualité autour des vendeurs journaux.

"Mr. Corneille Nangaa (le président de la commission nationale électorale indépendante Ceni), c’est la béquille de Mr. Kabila", s’énerve Claude dans un mélange de français et de lingala, tandis qu’un autre qualifie le président de la commission électorale de "bras droit" du chef de l’Etat.

"Mais moi je vous dit qu’il pleuve où qu’il neige, on ira aux élections en décembre 2017, sinon Kabila va provoquer une guerre civile dans ce pays, ça sera catastrophique", ajoute Jimmy.

Signe des temps, le chef spirituel de l’église kimbanguiste, un mouvement religieux né au Congo et qui revendique des millions de fidèles dans le monde, doit évoquer la situation politique dans son discours jeudi à l’occasion de l’anniversaire de la mort du fondateur, Simon Kibamgu, en 1951.

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