
La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) va organiser les élections provinciales, municipales et locales à la fin du mois de janvier 2013.
Selon son président, le pasteur Daniel NgoieMulunda, le calendrier pour les élections provinciales prévues fin janvier 2013, sera élaboré en privilégiant les exigences techniques et opérationnelles et non politiques comme celui de 2011. Mais ça sera en concertation étroite avec la classe politique, le gouvernement, les bailleurs de fonds extérieurs ainsi que l’assistance technique internationale de la Monusco et du projet/Pace.
Plusieurs paramètres justifient ce report lointain. Mais ce qui est rassurant est que ces scrutins fortement attendus par les Congolais d’abord, puis par la communauté internationale en suite, auront bel et bien lieu. Le bureau de la Ceniqui s’attèle depuis un certain temps à ces élections est conscient de relever ce défi. Ce qui permettra certainement à la Cenide se racheter et de se crédibiliser davantage après une organisation qualifiée de chaotique, même si certaines critiques étaient à tort. Au-delà de ce que nous venons de dire, la CENI voudrait redonner du crédit à tout un pays. Pour ce faire, les efforts au niveau de cette institution électorale, mais également du gouvernement et de tous les partenaires doivent continuer à être déployés afin que le délai prévu pour ce scrutin puisse être respecté et tenu.
S’exprimant lors de la clôture de l’atelier d’évaluation à mi-parcours du processus électoral, le président de la Ceni a parlé du facteur temps, qui était pratiquement un ennemi au processus électoral congolais de 2011. Simplement, parce que dans un délai de 7 mois, la Ceni devrait organiser des élections présidentielles et législatives dans un pays à dimension continentale, où malheureusement les voies de communication sont quasi-inexistantes. C’est ici qu’il faut relever que si le facteur temps était celui qui a donné un coup fatal à l’organisation du 28 novembre 2011, pourquoi avoir rassuré contre vents et marrées que les élections auront lieu à la date précitée ?
Pourquoi n’avoir pas suivi les conseils de certaines missions d’observations qui sollicitaient la prolongation du calendrier ?
Disons quand même que CENI devait braver les défis de plusieurs ordres pour permettre aux Congolais de remplir leur devoir civique le 28 novembre dernier. La tâche n’était pas facile, certes, et tout le monde d’une manière ou d’une autre le reconnait.
Pour Daniel NgoieMulunda, les incohérences enregistrées lors du double scrutin du 28 novembre dernier n’étaient nullement question de l’incompétence des agents encore moins du manque d’expérience dans leur chef. Car, dit-il, la quasi-totalité des cadres et agents qui sont présentement à la Ceni sont les mêmes qui avaient organisé les élections de 2006. C’était simplement une question de temps.
« Le facteur temps n’était pas favorable à nous. Comme vous le savez déjà, c’est au mois de mars 2011 que nous étions installés et que pour éviter le vide institutionnel au sommet de l’Etat, nous étions obligés d’organiser les élections dans un délai très contraignants de 7 mois, dans lequel plusieurs paramètres de transparence et d’élection équitable et juste n’ont pas été pris en compte. Pas par mauvaise foi ou de façon systématique mais, c’était dans le souci de ne pas plonger le pays dans le chaos », a affirmé le président de la Ceni peu avant la clôture de l’atelier.
Au-delà du temps imparti et de toutes les critiques formulées, l’homme est loin de se sentir vaincu de manière gratuite. Au contraire, il appelle toutes les parties prenantes au processus, chacune en ce qui la concerne à activer son chrono et à le respecter afin d’éviter les déboires de 2011. Tête haute et avec une conscience tranquille, Daniel NgoieMulundas’était incliné devant les recommandations faites par l’atelier et a promis de les capitaliser. C’est ce que devra faire chaque partie prenante dans ce processus car, la réussite des élections n’est pas l’apanage seul de la Ceni. Ce défi est tributaire à plusieurs facteurs et sa responsabilité incombe à tout le monde.
Yassa