Il y a 425 jours - Le Potentiel, lundi 26 mars 2012 - Vu 38 fois
Qui peut encore aujourd’hui se faire le chantre d’un gouvernement de «technocrates» ? Pour beaucoup, l’idée n’a plus jamais accroché. «Ce n’est plus dans l’air du temps», tranchent-ils. Et pourtant. Décodage
A moins d’un couac, la voie semble toute tracée pour la mise en place d’un nouveau gouvernement qui devra, naturellement, passer par la nomination d’un formateur.
Toutefois, pendant que l’informateur s’apprête à rendre compte de sa mission, quelques timides voix s’élèvent dans l’opinion où l’on estime qu’il ne serait pas mal venu que soit mis sur pied un cabinet ministériel composé, pour l’essentiel, de technocrates.
CHANGER DE REGISTRE
Loin d’être considéré comme quantité négligeable, les défenseurs de la thèse d’un gouvernement de technocrates estiment qu’il s’agit là de la seule voie par laquelle on pourra sauver la RDC.
Et ils ne manquent pas d’arguments pour cela. Ils soutiennent, en effet, que le pays ne se porte pas bien malgré tout ce que l’on dit au sujet de sa gestion et le tralala qui s’ensuit.
Dans tous les cas, c’est le moment de changer de registre. « Nous ne voyons pas comment la situation du pays va être redressée et les horizons dégagés si l’on tient - comme cela semble l’être - à en confier les manettes à un gouvernement constitué de politiques », regrette un capitaine d’industrie congolais.
Ayant l’habitude de réfléchir à très haute voix, l’homme n’a pas sa langue en poche. La conclusion qui se dégage de son analyse est qu’avec ce même personnel politique au pouvoir, on est tout simplement parti pour la gloire.
«Décidément, la RDC n’a pas de chance. Dans ce cas, la sortie du tunnel, il ne faudra surtout pas l’attendre pour bientôt», a-t-il lâché, ne se faisant pas d’illusion quant à l’évolution de principaux clignotants du pays.
On sait comment les opérateurs politiques congolais sont formatés. On sait à quelle enseigne ils sont presque tous logés. D’ailleurs, personne n’en a jamais fait mystère.
«A notre niveau, nous caressons le souhait de voir un autre son de cloche s’imposer et qu’on donne à la RDC un gouvernement de «technocrates», a-t-il conclu.
LAISSER LE DECOR A SON ETAT
Sans objet. Voilà comment du côté des opérateurs politiques, on accueille l’idée avancée par certains de mise en place d’un gouvernement de technocrates.
Il n’y a vraiment pas de quoi se triturer les méninges. Les choses sont tellement claires comme l’eau de roc que l’on n’a pas le temps de se perdre en conjectures.
Dans tous les cas, le prochain gouvernement sera un gouvernement classique ou ne sera pas. Dans le cas d’espèce, il sera dirigé par la Majorité parlementaire qui se reconnaît en Joseph Kabila, chef de l’Etat.
Nonobstant la possibilité d’inclure, dans ce nouveau gouvernement, quelques éléments de l’opposition politique, dans le cadre de l’ouverture prônée par le président de la République, il n’en demeure pas moins vrai qu’il ne s’agira pas d’un gouvernement de coalition ou d’union nationale.
La partition ayant déjà été jouée, un gouvernement de technocrates ou d’experts, ne peut être envisageable. Dans le contexte actuel, c’est justement comme si on se mettait à rêver debout bien qu’il soit permis à chacun de…rêver.
Il n’y a aucun indice qui laisse entrevoir que l’on puisse, aujourd’hui ou dans un avenir pas du tout proche, disposer dans ce pays d’un tel cabinet.
Pour la plupart d’acteurs politiques congolais, c’est marcher à contre-courant de l’histoire que de pouvoir se livrer à une analyse de ce genre. Et quand on sait comment l’espace politique est verrouillé, il est donc hors de question d’expérimenter pareille recette.
Par Marcel lutete