Il y a 397 jours - L'Avenir Quotidien, vendredi 20 avril 2012 - Vu 100 fois
*Lors de son premier face-à-face avec la presse entant que Premier ministre de la République, l’ex ministre des Finances, Matata Ponyo a fait savoir que le choix porté par le chef de l’Etat sur sa personne a été guidé par des valeurs cardinales pour la refondation de la République.
*Par rapport à la rigueur dont il a toujours fait montre, le chef du Gouvernement estime que cette rigueur, qui a fait ses preuves au ministère des Finances, est un élément clé de la performance et de la réussite dans la vie humaine. Elle a produit des résultats probants et est conforme à la volonté du chef de l’Etat.
*Quant aux bruits de bottes encore perceptibles à l’Est du pays, Matata Ponyo pense que l’action du Gouvernement n’est pas seulement de veiller aux performances économiques, mais que tous les aspects seront pris en compte pour doter le pays des atouts sécuritaires et socio-économiques.
A peine nommé par le président de la République le 18 avril dernier, le Premier ministre Matata Ponyo Mapon a eu un premier face-à-face avec la presse au ministère des Finances. De prime à bord, il a tenu à expliquer aux professionnels de la presse que le choix du président de la République fait sur sa personne a été guidé par des valeurs cardinales pour la refondation de la République. « Des valeurs tournées vers la consolidation de la paix sociale, tournée vers la consolidation de la sécurité de l’Etat, tournée vers l’amélioration du social du peuple congolais », dit-il, avant d’ajouter que des valeurs qui touchent à la gouvernance économique.
Autant des valeurs sur lesquelles l’action du chef de l’Etat est fondée, autant nous sommes attachés à ces valeurs cardinales qui fondent la République, le progrès de la nation. Il a rassuré tout le monde sur sa disponibilité permanente à pouvoir concentrer l’ensemble des efforts pour l’accomplissement de cette mission très louable. Toutes ces valeurs réunies font de Matata Ponyo un choix idéal que le chef de l’Etat ne pouvait que promouvoir parmi d’autres vendeurs d’illusions. Il a sollicité l’appui de la presse dans la réalisation de ce travail de grande portée nationale, de grande portée patriotique d’autant plus que la Rdc est un pays appelé à se développer, un pays qui doit entrer dans le concert des économies émergentes. Mais l’émergence c’est le sacrifice, la rigueur, la rationalité, la recherche permanente des résultats et de la performance.
Le chef recherche des compétences
Dans la série de questions-réponses qui a suivi, le Premier ministre n’a pas hésité un seul instant à répondre aux questions relatives à l’ouverture politique, la révolution de la modernité, la rigueur dans le travail, etc. Pour Matata Ponyo, si l’on regarde la manière dont le chef de l’Etat a réagi sur le choix porté sur Aubin Minaku et sur lui-même, on peut dire qu’il est à la recherche de la compétence, des résultats, des valeurs cardinales. Et dans la recherche de la compétence, on peut la retrouver même au sein de la Majorité présidentielle. Pour lui, le chef de l’Etat a inscrit son mandat dans la révolution de la modernité. C’est donc un changement de choc pour des résultats concrets. « La révolution de la modernité commence sur plusieurs fronts : modernisation des infrastructures. Il ne s’agit pas d’un changement magique et immédiat, c’est un processus ».
Le Premier ministre a aussi rappelé à l’intention de la presse qu’autant vous voulez critiquer, autant il faut faire état de progrès. Il a indiqué que le PIB par habitant a doublé entre 2001 et 2012 et c’est un indicateur moyen qui montre le progrès. Et de continuer, lorsque vous regardez la stabilité du taux de change, le taux du jour a disparu. La stabilité du taux d’inflation s’est consolidée et les performances continuent. Au sujet du social, il souligne que la population doit espérer, car Kabila est conscient et soucieux. Le social n’est donc pas un bouquet de fleurs, surtout qu’il se traduit à travers les écoles, le payement et l’amélioration des salaires, les hôpitaux, les routes, l’agriculture, etc. Comme pour dire qu’il s’agit d’un contenu très varié. Concernant la rigueur, il a souligné que dans la vie humaine, la rigueur est un élément clé de la performance et de la réussite. Toutes les économies des pays développés sont passées par la rigueur pour le succès de leurs structures. Cette rigueur a donc produit des effets probants au ministère des Finances et la rigueur d’aujourd’hui est conforme à la volonté même du chef de l’Etat et a une portée sociale. Ceci, parce que les économies dégagées sont versées dans l’amélioration du social et le social s’organise dans les temps. Il a reconnu qu’il y a un pas de géant accompli, même s’il est d’avis qu’il y a encore des efforts à fournir et le Gouvernement s’y attèle.
Formation du Gouvernement, le plus tôt serait le mieux
A la question de savoir à quand la formation du Gouvernement, Matata Ponyo n’a pas mâché les mots. Il a dit que cela dépendait bien sûr de lui et de sa famille politique, même s’il n’y a pas de date fixe, mais il y a une philosophie de travail. Toutefois, il estime que le plus tôt serait le mieux. Sur la question de savoir quelle sera sa première action entant que Premier ministre, surtout qu’il y a des bruits de bottes perceptibles à l’Est du pays, le chef de l’exécutif congolais dit que l’action du Gouvernement n’est pas seulement de veiller aux performances économiques, et que tous les aspects seront pris en compte pour doter le pays des atouts sécuritaires et socio-économiques.
Qui est Matata Ponyo ?
Premier ministre de la République démocratique du Congo, M.Matata Ponyo Mapon est né à Kindu au Maniema le 05 juin 1961, et est membre du Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement (PPRD). Il a exercé les fonctions de Ministre des Finances de la République Démocratique du Congo du 19 février 2010 au 18 avril 2012, date à laquelle il est nommé Premier Ministre. Comme Ministre des Finances, il a pris les affaires alors que le pays venait de conclure un programme avec le FMI dans le cadre de l’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE).
Dans un contexte mondial marqué par les effets pervers de la crise financière internationale, le Ministre a pu stabiliser l’économie congolaise dont les principaux équilibres étaient rompus pendant plus de cinq années. En effet, pour la première fois depuis plusieurs années, le taux de change du franc congolais est resté stable. Il a pu mener à terme avec succès la première revue du programme. Ce quia permis à la RDC d’atteindre le Point d’Achèvement en juin 2010, après avoir atteint le point de décision en 2003. Depuis sa nomination, il a piloté avec succès plusieurs réformes importantes dont certaines ont abouti à des lois, notamment un nouveau Code des douanes, la Loi sur les Finances publiques, le nouveau code des marchés publics, la taxe sur la valeur ajoutée... Après l’atteinte du Point d’Achèvement, il a conduit des négociations avec les pays du Club de Paris et des créanciers commerciaux pour les allégements à consentir dans le cadre de l’IPPTE. A ce jour, la RDC a conclu des accords d’allègement ou d’annulation de la dette notamment avec les Etats-Unis, la Belgique, la France, l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne.
Il a lancé depuis l’année 2010 un programme innovant de modernisation et de rajeunissement de l’Administration des Finances au travers d’un programme de recrutement et de placement des jeunes universitaires congolais, recrutés sur base extrêmement compétitive. En tant que Ministre des Finances, il était le Président du Caucus Africain (organisation réunissant tous les ministres des finances de l’Afrique Sub-saharienne), et Président du Conseil des Gouverneurs de l’ACA (Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique) basée à Nairobi au Kenya. En tant que Ministre des Finances, Monsieur Matata Mapon avait mis en place, en 2011, une équipe stratégique en charge de Doing Business, en vue d’accompagner l’amélioration du climat des affaires qui constitue un des axes clés de sa politique.
Réputé rigoureux, discipliné, travailleur et discret, Monsieur Matata Ponyo a, durant son mandat de ministre des Finances, mené, dans le cadre de la bonne gouvernance - son leitmotiv - une lutte acharnée contre la corruption et la fraude dans la gestion des finances. Ce qui a permis d’accroître les recettes publiques. Cette politique permet aujourd’hui à la République Démocratique du Congo de financer, sur ressources internes, des projets dans les secteurs sociaux et des in infrastructures. Avant le Ministère des Finances, Monsieur Matata Ponyo Mapon a servi dans plusieurs administrations.
De 2003 à 2010 comme Directeur Général du Bureau Central de Coordination (BCECO), principale agence gouvernementale mise en place en 2001 au lendemain de la reprise de la coopération structurelle entre la RDC et la communauté de développement. Le BCECO, sous tutelle du ministère des finances, a permis de réaliser des projets dans divers secteurs (éducation, santé, développement communautaire, infrastructures routières, protection sociale, énergie électrique) dans toutes les provinces du pays, sur financements de la Banque mondiale, de la Banque Africaine de Développement, de l’Union Européenne, de la BEI, et du Gouvernement congolais.
De 2001 à 2003, il a été Conseiller Économique au Ministère des Finances. A ce titre, il a participé à l’élaboration et au suivi du Programme Économique du Gouvernement qui a permis d’arrêter l’hyperinflation qu’a connu le Congo durant les années 1990. La stabilisation économique qui s’était suivie avait également permis au pays d’accéder au point de décision de l’IPPTE. De 2001 à 2003, ila œuvré au sein de la Banque Centrale du Congo (BCC) comme Economiste. Il s’est notamment occupé des comptes nationaux, des services de l’économie réelle, de monnaie et crédit et des études. A la Banque centrale, il a été membre du Comité de Politique monétaire qui avait pour mandat la réforme de la monnaie nationale congolaise.
Pendant la période passée à la BCC, il a effectué plusieurs stages de perfectionnement, notamment à la Banque de France, à la Banque Centrale du Pérou, au Fonds monétaire international, aux États-Unis, et dans plusieurs autres pays et institutions. Du reste, il a beaucoup voyagé dans le cadre des réunions internationales où il a plusieurs fois représenté son pays en Europe, en Asie, en Amérique et en Afrique. Le Premier Ministre est détenteur d’une licence en économie monétaire et internationale de l’Université de Kinshasa. Il a terminé avec succès des cours d’études approfondies (DEA) en économie de développement de l’Université de Kinshasa en 2009.
Le Premier Ministre s’intéresse particulièrement aux questions de développement économique, de bonne gouvernance, du climat des affaires et de mobilisation des ressources publiques. Marié, il est père de 4 enfants.
L’Avenir