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Il y a 103 jours  -  Le Figaro, mardi 14 février 2012  -  Vu 7 fois

Les Casques bleus, ces soldats qui défendent la paix

FOCUS - Environ 99.000 militaires et policiers venant de 114 pays différents forment les Casques bleus de l'Onu. Le point sur cette force de maintien de la paix à l'heure où la Ligue arabe demande son envoi en Syrie.

• Qu'est-ce qu'un Casque bleu? C'est un soldat qui œuvre dans le cadre d'une opération de paix conduite sous l'égide des Nations unies. Depuis les années 90, les opérations de maintien de la paix de l'ONU emploient aussi bien des civils que des militaires mais l'appellation «Casque bleu» fait stricto-sensu référence aux militaires. Les soldats opérant sous les ordres de l'ONU ont arboré pour la première fois le fameux casque bleu en 1956, lorsque les Nations Unies sont intervenues dans la crise du Canal de Suez.

• Combien sont-ils? Environ 120.000 personnes originaires de 114 pays, dont 18.000 personnels civils, participent aux 16 missions de maintien de la paix des Nations Unies à travers le monde. On dénombre à côté de ces civils 99.000 militaires et policiers. Au 31 décembre 2011, le pays qui contribue le plus à ce contingent militaire est le Bangladesh avec 10400 hommes, suivi du Pakistan, 9500 hommes, et de l'Inde, 8100 hommes. La France arrive 18e avec 1390 militaires. Depuis la création de l'ONU en 1948, 2966 casques bleus ont trouvé la mort.

» Le décompte par pays contributeur et par opération

• Où sont-ils déployés? Parmi les 16 missions de maintien de la paix qu'assure l'ONU, les Casques bleus sont présents (carte) au Soudan, au Darfour, en RDC, en Côte d'Ivoire, au Libéria, au Sarahara occidental, en Haïti, au Timor, en Inde et au Pakistan, en Afghanistan, à Chypre, au Kosovo, au Liban, au Golan…

• Comment sont-ils financés? L'ONU ne dispose pas d'armée. Les États Membres sont invités (mais pas obligés) à fournir sur la base du volontariat et à rémunérer les contingents nécessaires pour chaque opération. En échange, les Nations unies les dédommagent mensuellement: 1028 dollars par soldat déployé, d'où la surreprésentation des pays en voie de développement pour qui l'indemnité est très avantageuse.

Les Etats, impliqués dans le conflit que l'ONU cherche à résoudre, ne peuvent pas engager leurs hommes. Pour mémoire jusqu'à la fin de la Guerre froide, cette interdiction concernait quelle que soit l'opération les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (France, Etats-Unis, Chine, Russie et Royaume-Uni) afin que la neutralité des opérations soit respectée. Deux exceptions ont cependant été acordées. La France a pu s'engager dans la Finul et le Royaume-Uni a déployé des militaires à Chypre.

Les militaires choisis portent l'uniforme de leurs pays respectifs, rappelle le Réseau francophone de recherche sur les opérations de la paix. «Seul un casque ou un béret bleu et un insigne montrent qu'ils font partie du personnel de l'ONU. Les agents civils des opérations de maintien de la paix sont des fonctionnaires internationaux, recrutés et déployés par le Secrétariat de l'ONU».

Pour juillet 2011 à juin 2012, le budget des opérations de maintien de la paix atteint plus de 7,8 milliards de dollars, selon des statistiques de l'ONU.

• Qu'est-ce qu'une mission de maintien de la paix? Les contours du mandat des casques bleus sont définis par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Les opérations de l'ONU sont guidées par trois principes clés: accord des parties en conflit, impartialité, et non utilisation de la force, sauf en cas de légitime défense ou lorsque leur mandat le rend indispensable. Plusieurs opérations déployées dans un environnement hostile ont reçu un mandat «robuste» du Conseil de sécurité autorisant les Casques bleus à «employer tous les moyens nécessaires» pour prévenir «tout trouble au processus de paix, pour protéger les civils en cas de menace imminente ou pour aider les autorités nationales à maintenir l'ordre public».

La nature des opérations a beaucoup évolué depuis 1948. Il ne s'agit plus seulement de garantir un cessez-le-feu ou d'un accord de paix ou de surveiller des frontières. Il s'agit aussi d'accompagner le processus de transition politique, de désarmer les anciens combattants et de les réinsérer dans la société, d'organiser des élections, de protéger les droits de l'homme, d'assurer le déminage, d'améliorer les conditions humanitaires, d'œuvrer au redressement économique…


Par Constance Jamet




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