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Il y a 401 jours  -  Le Potentiel, vendredi 20 avril 2012  -  Vu 109 fois

Le gouvernement Matata à l’épreuve de la compétence / Matata Ponyo : «Nous sommes là pour accomplir la vision du chef de l’Etat»

La publication imminente de l’équipe gouvernementale que va diriger le Premier ministre Augustin Matata Ponyo enfin permettra le fonctionnement normal de l’Etat et faire oublier le temps mort caractérisé par des ministres démissionnaires et intérimaires. Les actes de gestion de cette équipe sont très limités par la Constitution. Mais au-delà, la composition du prochain gouvernement doit être le reflet du souci de relever les défis majeurs, notamment le décollage économique, l’amélioration du social des citoyens, la reconstruction du pays et son émergence sur le pan international. Bref, le clientélisme politique et autres critères géopolitiques doivent disparaître au profit de la technocratie, la compétence, la méritocratie et l’intégrité morale.

La nomination récente d’Augustin Matata Ponyo au poste de Premier ministre a été saluée par tous dans la mesure où elle constitue a apporté un coup de pouce dans la mise en place des institutions de la République. Elle intervient après l’élection et l’installation du bureau définitif de l’Assemblée nationale dont le perchoir est tenu par Aubin Minaku. La publication de l’équipe gouvernementale que va diriger l’ancien ministre des Finances est très attendue. Non seulement que l’Etat va fonctionner normalement mais également la composition de l’Exécutif national aura été une unité de mesure de la capacité de la classe politique congolaise à prouver son engagement à relever les défis majeurs et les enjeux aussi bien nationaux, régionaux qu’internationaux auxquels fait face la RDC.

De l’avis des observateurs avertis, l’opinion devrait s’attarder sur l’élection d’Aubin Minaku et de Charles Mwando Nsimba respectivement comme président et premier vice-président de la Chambre basse du Parlement a donné le signal de la mise en éclat des principes convenus au sein de la majorité présidentielle pour la répartition des postes de responsabilité dans les institutions. Celle-ci reposait entre autres sur le poids politique des partis membres de la majorité et sur l’apport de chaque province dans l’élection du candidat Joseph Kabila à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011.

S’il est vrai qu’Aubin Minaku a mérité son poste du fait de son appartenance au PPRD, figure de proue de la MP, avec une soixantaine de députés nationaux à l’hémicycle, l’on ne pourrait pas en dire autant pour Charles Mwando Nsimba dont le parti - l’Unadef- n’a pas le même poids politique que le Palu dont il a raflé le poste. L’Unadef compte trois élus alors que le Palu en compte à peine une vingtaine. L’ancien Informateur aurait bénéficié de son appartenance à la province du Katanga, à en croire des sources proches de la MP. En même temps, d’autres sources ont laissé entendre que le profil de l’ancien ministre de la Défense aurait mis en défaveur celui du candidat du Palu.

La nomination, peu après, d’Augustin Matata Ponyo comme formateur du gouvernement est venue battre en brèche ces conventions sur lesquelles la MP et alliés comptaient pour prétendre à tel ou tel autre poste de responsabilité. Que s’est-il passé ? Peu avant la promulgation de l’ordonnance du chef de l’Etat nommant l’ancien argentier au poste de Premier ministre, une rumeur assez répandue laissait entendre que le chef du gouvernement viendrait soit de la Province Orientale, soit du Bas-Congo. La surprise a été totale en apprenant que le poste est revenu au Maniema, une province dont le poids politique est discutable. Son apport à l’élection ne serait pas évident, selon des sources proches de la MP qui se disent déçues.

Comment, dès lors, interpréter cette mise en veilleuse d’un principe de partage convenu de manière consensuelle ? Des analystes y voient un signal fort de la part du chef de l’Etat en rapport avec les défis majeurs que doit relever le prochain gouvernement aussi bien sur le plan interne qu’externe. Matata Ponyo est un technocrate dont le parcours est connu de tous. Son passage au ministère des Finances a porté des fruits. Aussi, jouit-il des faveurs des institutions de Bretton Woods et d’autres partenaires bilatéraux et multilatéraux. De quoi dire que c’est son profil qui a plus joué dans sa nomination que son appartenance à la province du Maniema.

La voie est ainsi ouverte en faveur d’un critérium objectif, au-delà de l’appartenance politique et provinciale. Des voix s’élèvent pour exiger que le même critérium préside également au choix des membres du prochain gouvernement. Les provinces ou les grands partis politiques qui se réclament de la majorité présidentielle sont interpellés. Ils devront rompre avec le clientélisme politique qui, dans un passé récent, a conduit le pays vers le chaos. La corruption et l’impunité ont été érigées en système de gestion de la chose politique.

A l’aube de cette nouvelle législature, l’on devra sentir un vent nouveau souffler sur les institutions à travers leurs animateurs. L’insécurité demeure récurrente, avec point de mire l’Est du pays. Les FARDC battent de l’aile au gré de multiples projets (mixage, brassage, opérations militaires mixtes) dont les résultats sur le terrain ne se sont pas révélés positifs. Ce qui a justifié leur suspension dernièrement par le chef de l’Etat. L’unité du pays et son intégrité territoriale se trouvent constamment menacées. Le décollage économique reste un slogan toujours renouvelé de différents régimes. La gouvernance peine à s’installer dans la culture des dirigeants si bien que le social du citoyen s’en ressent au quotidien. Quant à la diplomatie, elle a du plomb dans l’aile alors que la RDC doit jouer un rôle de leader dans la sous région et sur le plan continental.

Tous ces défis et enjeux imposent aux partis et alliés de la majorité une prise de conscience. Autant ils ont le droit de proposer des candidats au gouvernement, autant ceux-ci doivent justifier de leur compétence, de la méritocratie, mais aussi et surtout de l’intégrité morale. De manière à rompre avec le passé. Le chef de l’Etat a jeté son dévolu sur Matata Ponyo pour former le prochain gouvernement. Toutefois, il ne pourra réussir sa mission qu’en étant entouré d’une équipe de vertébrés. L’opinion a besoin de se faire une religion de ceux qui seront à la tête de différents ministères afin de les accompagner dans leur tâche de faire de la RDC un pays émergent selon le vœu chef à Joseph Kabila. Se dérober à ces exigences reviendrait à rater la mise sur orbite du Congo.


Par Le Potentiel

Premier contact du chef du gouvernement avec la presse

Matata Ponyo : «Nous sommes là pour accomplir la vision du chef de l’Etat»

Pour son premier contact avec la presse en sa qualité de Premier ministre, Matata Ponyo a choisi pour cadre son cabinet du ministère des Finances qu’il occupe encore en attendant sa délocalisation vers la Primature. Belle occasion donc pour le tout nouveau chef du gouvernement de présenter sa vision et son style de travail durant ce mandat qu’il entend consacrer à l’accomplissement de la vision du chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange.

Le tout nouveau Premier ministre, Matata Ponyo Mapom, n’a pas attendu trop longtemps pour se livrer à l’exercice habituel des questions et réponses devant la presse. C’est dans la salle de réunion du ministère des Finances qu’il a convié la presse à sa première conférence de presse dans ses attributs de chef du gouvernement. C’est un homme confiant, sûr de lui qui s’est donc présenté devant la presse pour rendre compte de la manière avec laquelle il entend exercer ses nouvelles fonctions. Il avait tout juste à ses côtés les plus fidèles de ses lieutenants, notamment son directeur de cabinet, Sele Yalaghuli, et son conseiller financier, Ngoma.

D’entrée de jeu, il fait déjà ce qui paraît comme le bilan de son action à la tête du ministère des Finances. «Nous sommes au 26ème mois de notre mandat aux Finances. Nous sommes sur le point de commencer un autre mandat pour l’intérêt supérieur de la Nation», a-t-il dit, exprimant sa reconnaissance au chef de l’Etat pour le choix porté à «modeste personne».

Il pense que le choix du chef de l’Etat a été dicté par des «valeurs radicales de la République», dont l’amélioration du social du Congolais, la défense de l’intégrité du territoire, l’amélioration de la gouvernance économique, etc. «Nous sommes attachés à ces valeurs cardinales qui fondent la République», a-t-il déclaré, rassurant, par ailleurs, de son entière «disponibilité pour l’accomplissement de cette mission». A cet effet, il a promis de mettre en avant des valeurs cardinales, fondement de la politique qu’il entend mettre en avant au sommet de l’Exécutif central. Il s’agit, rappelle-t-il, de l’esprit de sacrifice, de la rationalité, de la performance et de la recherche permanente des résultats.

Dans la vision du maître d’œuvre

Maître d’ouvrage, Matata Ponyo Mapom promet de ne ménager aucun effort pour concrétiser la vision du chef de l’Etat, clairement dans le nouveau concept de la «Révolution de la modernité». «Nous sommes là pour accomplir la vision du chef de l’Etat tourné vers le social, la préservation des valeurs cardinales de la République», a souligné le Premier ministre.

Qu’en sera-t-il alors de la formation du gouvernement ? Y a-t-il risque de s’enfermer dans une guerre d’alliances ? A ces questions, Matata Ponyo a eu du tact pour ne pas tomber dans le piège. Politiquement, l’homme qu’on présente plus comme un fin technocrate a mûri. Sans doute, l’homme a appris durant son passage au ministère des Finances à vaquer sur des eaux troubles de la politique. «Il y a une nette volonté d’évoluer dans la préservation des alliances conclus à l’issue des élections de novembre 2011», confirme-t-il.

Rien ne devait donc, selon lui, se faire en dehors du cadre dans lequel il a été porté à la tête du gouvernement. D’ailleurs, il ne cache pas son appartenance au Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). «C’est au nom de mon parti que j’ai été nommé Premier ministre», note-t-il, comme pour couper court à toute forme de spéculation.

Quant à la durée de la formation du gouvernement, il pense que la question «ne dépend pas du Premier ministre, mais plutôt de l’espace politique dans lequel le gouvernement doit être constitué». «Il n’y a pas de date fixe pour la formation du gouvernement», a-t-il fait remarquer. Toutefois, son souhait est qu’«elle se fasse le plus tôt possible». D’ores et déjà, souligne-t-il, «tous les moyens, sociaux, sécuritaires et autres, seront mis en œuvre pour booster la machine économique vers l’avant».

Sur le plan social, par exemple, il pense que les résultats de ces deux dernières années sont significatifs. «Le social, le pays doit l’espérer. Il y a un travail qui est fait dans ce sens. Mais, le social ne se réalise pas par un coup de baguette magique. Il se réalise dans le temps. Tous les signaux témoignent que nous sommes sur la bonne voie».

La rigueur

Homme rigueur, il entend rester fidèle au mythe qui s’est créé autour de sa personne. C’est donc sur la même rigueur, socle de son succès aux Finances qu’il entend placer son mandat à la primature. «Toutes les économies développées sont passées par la rigueur et la discipline pour atteindre le succès. La rigueur que nous avons menée aux Finances a eu des efforts probants. Nous pensons demeurer sur la même voie», a-t-il dit, faisant observer que, dans la vision du chef de l’Etat ; vision sur laquelle il entend insuffler à l’équipe gouvernementale, «c’est une discipline à portée sociale» pour l’amélioration des conditions de vie des Congolais.

Aura-t-il des hommes pour concrétiser la vision du chef de l’Etat ? Il pense que la RDC ne manque d’hommes animés de la «passion» pour le développement du Congo. «La tâche qui nous a été confiée, c’est à la fois mobiliser ses énergies et des hommes pour atteindre les objectifs du développement», a-t-il déclaré.

Né le 5 juin 1964 à Kindu, après une formation en économie monétaire et internationale à l’Université de Kinshasa, où il a été professeur assistant et une carrière au sein de la Banque centrale du Congo (BCC), Matata Ponyo a été, à plusieurs reprises, conseiller économique du ministère des Finances, et membre des comités interministériels sur la même matière. Il a occupé le poste de directeur général du Bureau central de coordination (Bceco) de 2003 à 2010, après avoir présidé le Comité de pilotage de la même structure de 2001 à 2003.

Depuis sa nomination au ministère des Finances début 2010, il a contribué à stabiliser le cadre macroéconomique et réussi à obtenir, en juillet 2010, une réduction de sa dette de 12,3 milliards USD de dette dans le cadre de l’Initiative d’effacement de la dette en faveur des pays pauvres très endettés.

Plus technocrate que politique, réputé pour sa rigueur, son nom circulait depuis plusieurs semaines pour succéder à Adolphe Muzito, qui a démissionné début mars après avoir été élu député aux législatives du 28 novembre – couplées à la présidentielle. Sa nomination vient après l’élection le 12 avril à la présidence de l’Assemblée nationale d’Aubin Minaku (46 ans), également cadre du PPRD.
Par Faustin Kuediasala

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