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Il y a 423 jours  -  L'Avenir Quotidien, lundi 26 mars 2012  -  Vu 77 fois

Après la Journée internationale de la femme : Les maraîchères de Kinshasa dans l’attente des appuis

Le monde entier a célébré la femme rurale le 08 mars 2012 à la commémoration de la Journée internationale de la femme (JIF), édition 2012. Nous avons voulu à cet effet recueillir les impressions des femmes maraîchères de Kinshasa par rapport aux retombées de cette fête des femmes dans leur milieu de travail.

Ainsi, avons-nous interviewé l’une d’elles, Mme Charlotte Nsona, femme leader paysanne et présidente de l’Association des mamans maraîchères de Tshangu (AMAT) depuis sa création en 2004. Ci-dessous, l’intégralité de notre entretien :

L’Avenir :Les femmes maraîchères de Kinshasa comment avez-vous accueilli le thème de la Journée internationale de la femme (JIF) ?

Mama Ch.Nsona : Pour nous les maraîchères de Kinshasa, ce thème nous a beaucoup réconfortés. C’est un thème pertinent que nous avons très intéressant. Puisque premièrement, ce sont nous les maraîchères qui sommes de vraies femmes rurales. Et il faudrait qu’on nous soutienne. Car, autonomiser la femme rurale signifie la prendre en charge à travers des appuis divers, des formations, ainsi que pour toutes ses activités. Nous avons besoin d’aide, qu’on nous dote des moyens nécessaires pour que nos activités puissent aller de l’avant.

Avez-vous été impliquées dans la cérémonie officielle de la JIF ?

Certainement oui. Nous avons été impliquées, nous étions présentes à la cérémonie solennelle de la célébration de la Journée internationale de la femme (JIF) sur la place du Cinquantenaire devant le Palais du peuple. Nous avions également participé à la marche et tout s’était bien passé.

Nous d’ailleurs, en date du 06 mars, nous avions même été conviées à présenter notre saynètes des mamans maraîchères à l’occasion de la « Foire de l’entreprenariat féminin » organisée du 05 au 15 mars dernier par le Ministère du Genre, Famille et Enfant à son siège. Dans cette saynète, nous avons représenté au public la manière dont nous souffrons chaque jour quand nous faisons nos activités, avec toutes nos difficultés complexes et non les moindres, de la façon dont nos terres sont spoliées et comment les soi-disant chefs coutumiers nous tracassent. Nous avons montré tout cela aux yeux des autorités du pays à travers ce petit sketch afin qu’ils aient au moins une idée juste de ce que nous femmes rurales, sommes entrain d’endurer au quotidien dans nos milieux ruraux et périurbains au niveau de la capitale Kinshasa comme partout dans toutes les provinces du pays.

Les femmes rurales de la RDC, avaient-elles aussi porté les pagnes officiels de la JIF ?

La réponse est négative. Nous n’avons même pas vu là où ils ont été distribués. Nous avons seulement vu comment ces pagnes se vendaient. Mais comme nous n’avons pas d’argent, nous étions incapables de nous procurer ces pagnes qui coûtaient 25 dollars américains la pièce (6 yards). C’était donc impossible pour nous de réunir une telle somme, vu nos maigres moyens.

Selon vous, les préoccupations de la femme rurale congolaise ont-elles été soulevées dans les discours des officiels ?

Nous avions suivi avec beaucoup d’intérêt les discours prononcés par les officiels congolais ce 08 mars lors de la commémoration de la JIF 2012. Et nos préoccupations ont été effectivement soulevées selon moi. Mais, nous les femmes paysannes, nous voulons voir que soient concrétisées toutes les promesses faites par les autorités du pays. Nous attendons d’elles la réalisation et la matérialisation de tout ce qu’ils ont dit dans leurs différents discours le 08 mars dernier. Ce qui nous importe, ce sont les actions et non des discours qui ne nous font rien du tout.

Au fait, de qui avez-vous besoin concrètement ?

Concrètement, nous voulons que nous soyons appuyées pour toutes nos différentes activités paysannes. Notamment pour l’octroi des microcrédits, des intrants, des semences etc., et nous avons besoin aussi des séminaires de formation pour notre renforcement des capacités ainsi que de l’aide technique. Ce qui permettra que nos activités émergent et d’accroître ou d’augmenter quantitativement et qualitativement nos productions agricoles, et de manière rationnelle.

Pensez-vous que si aujourd’hui l’on arrive à vous autonomiser, seriez-vous capable d’élaguer la pauvreté ou de réduire suffisamment la crise alimentaire ?

Si nous sommes réellement autonomisées, croyez-moi que les femmes rurales congolaises réussiront, j’en suis très convaincue, à réduire suffisamment la pauvreté au sein de notre société et nous allons chasser la faim.

Votre dernier message ?

Autonomiser une femme rurale, c’est la prendre en charge et l’aider à toutes ses difficultés qui se présentent. Puisque, la femme rurale ou paysanne c’est une personne qui ajoute un plus dans la vie familiale et couvre la crise alimentaire et la pauvreté dans la nation. Elle est le moteur de la famille. Elle souffre cependant moralement et physiquement. Voilà pourquoi, elle a besoin d’être aidée, soutenue et appuyée en tout et pour tout.

Nos époux n’ont pas de salaires qui puissent suffire à satisfaire tous les besoins de la famille. Nous les maraîchères, nous avons vraiment besoin du soutien et de l’aide parce que nous travaillons abondamment. Les autorités doivent nous soutenir par des moyens de financement, microcrédit, semences, matériels et pour des formations pour accroître nos productions et de nous permettre d’avoir des revenus suffisants dans nos productions.

Pour que la famine et la pauvreté ne s’abattent pas davantage dans la ville de Kinshasa, il ne faut pas négliger la femme rurale. Il faut que l’agriculture soit réellement priorité des priorités. Dans ce cas, nous allons éradiquer la crise alimentaire et la pauvreté. Nous allons aussi investir dans la jeune fille pour un avenir meilleur en instruisant nos enfants filles par diverses formations professionnelles, techniques et d’alphabétisation et en les apprenant comment gérer la crise dans la vie sociale.

Lepetit Baende

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