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Il y a 95 jours  -  Le Potentiel, mercredi 22 février 2012  -  Vu 12 fois

Annulation de la manifestation des chrétiens du 16 février/ Lambert Mende : «Il n’y a pas eu usage excessif de la force»

En interdisant la manifestation commémorative de la marche des chrétiens du 16 février 1992, le gouvernement a agi par le «principe de précaution. Il n’y a pas eu usage excessif de la force». Cette précision est du porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.

Y a-t-il un bras de fer entre le gouvernement et l’Eglise catholique ? «Non», a répondu le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga. «L’Eglise, ajoute-il, est l’un de nos partenaires les plus efficaces». C’était au cours d’une conférence de presse tenue, le mardi 21 février 2012, en son cabinet de travail.

Mais pourquoi le gouvernement a-t-il annulé la manifestation commémorative de la marche des chrétiens du 16 février 1992 ? «Lorsqu’on organise une manifestation publique, on doit fournir des références exactes pour permettre aux pouvoirs publics d’identifier à qui ils ont à faire, à qui s’adresseront-ils utilement en cas de problème», a indiqué le ministre. Or ici, poursuit-il, non seulement qu’il s’est agi d’un «groupe informel» de prêtres de l’archidiocèse de Kinshasa associé au CALCC (Conseil pour l’apostolat des laïcs chrétiens catholiques), mais les initiateurs de la marche n’avaient pas indiqué l’itinéraire à suivre pour que le gouvernement puisse sécuriser.

Autre raison : alors que les organisateurs avaient opté pour une commémoration non violente de la douloureuse tragédie dans laquelle le régime de la deuxième République avait plongé le pays, il est apparu malheureusement, selon le ministre, qu’une certaine opposition politique à Kinshasa avait résolu de récupérer cette commémoration au profit d’une action de déstabilisation des institutions nationales.

Par contre, par rapport aux multiples réactions qui entourent cet événement, «le gouvernement a pris acte des déclarations des uns et des autres», a signifié M. Mende. Mais il a tenu à préciser que «plus jamais un partenaire ne sera accepté par les Congolais dans un rôle de proconsul».

Pour le porte-parole du gouvernement, il faut féliciter la police du fait que, contrairement à 1992, le 16 février 2012, on n’a enregistré aucun mort. «A cet égard, prétendre que notre police a fait usage excessif de la force est totalement contraire à la réalité», a-t-il déclaré.

En organisant la marche le 16 février, les chrétiens voulaient commémorer celle du 16 février 1992 où plusieurs vies humaines ont été fauchées par la répression brutale de l’armée du Maréchal Mobutu. Contrairement à 1992 où les chrétiens réclamaient la réouverture de la Conférence nationale souveraine bloquée par le régime en place, la marche du 16 février 2012 avait pour objectif d’exiger le rétablissement des la vérité des urnes ainsi que la demande de démission du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

DES BONNES NOUVELLES

De bonnes nouvelles, il en a également été question au cours de cette conférence de presse. La première, c’est la consolidation du projet de santé mère-enfant à Kinshasa. Grâce à sa coopération avec la France, le gouvernement a pu, à partir du 18 février, obtenir la mise à la disposition du PROMEKIN (Projet mères et enfants de Kinshasa) d’un ballon d’oxygène sous forme d’un financement de 8 millions d’euros. «C’est la toute première convention dans le domaine social conclue après la réélection du président Joseph Kabila, le 28 novembre 2011», s’est félicité Lambert Mende.

D’autres bonnes nouvelles, c’est, entre autres, la mise hors d’état de nuire de M. Baraka, un seigneur de guerre qui a longtemps semer la terreur dans le Nord-Kivu ; la promesse de solution à une crise intercommunautaire entre les Banyamulenge et leurs voisins Babembe au Sud-Kivu ; les intérêts manifestés par des investisseurs étrangers pour la RDC et le retour au calme dans la caserne militaire de Marabo, en Ituri. «Nous sommes en mesure d’affirmer qu’il s’est agi d’actes d’indisciplines et pas d’une mutinerie», a dit le porte-parole du gouvernement.



Par RICH NGAPI



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