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Il y a 360 jours  -  OnewoVision.com, mardi 29 mai 2012  -  Vu 95 fois

Sahel: Situation inquiétante

Selon les coordinnateurs humanitaires au Sahel, la situation alimentaire est particulièrement inquiétante car elle est amplifiée par le contexte d'instabilité politique au Mali.

Une augmentation de l'aide financière est indispensable pour faire face aux menaces de grave malnutrition dans la région.



David Gressly, Coordonnateur humanitaire régional pour le Sahel (Gambie, Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger, Tchad, Nord du Nigéria et Nord du Cameroun), a déclaré : « dans les neuf pays nous estimons que plus de 18 millions de personnes seront touchées par la malnutrition en 2012. C’est la troisième crise de cette importance depuis 2005 ». Il a ajouté que « cette pression continuelle sur les familles et les communautés qui n’ont pas eu le temps de se remettre des chocs précédents, nous inquiète ». David Gressly a complété son point en disant qu’il « estime également qu’environ 1 million d’enfants souffriront de malnutrition sévère avec un risque élevé de décès et que 2 millions seront touchés de manière plus modérés. La situation se complique avec les problèmes d’insécurité liés au contexte politique malien non seulement dans la capitale à Bamako mais également dans la partie Nord du pays contrôlée par des groupes non-gouvernementaux ».



La situation politique malienne a occasionné de nombreux déplacements internes, plus de 100.000 personnes, et le déplacement de plus de 200.000 individus vers des pays voisins. David Gressly a dit que « la crainte est que le conflit qui existe actuellement dans le Nord du Mali se répande dans la région et entraîne des demandes supplémentaires de soutien humanitaire. De plus les réfugiés se rendent dans des régions déjà largement affectées par des problèmes nutritionnels ».



Des appels anticipatifs en novembre et décembre 2011 ont été effectués et des séances de travail avec les bailleurs se sont tenues afin d’augmenter les capacités de réponse. David Gressly a dit « qu’actuellement près de 700 millions de dollars ont été récoltés sur le milliard et demi nécessaire pour faire face aux conséquences de la crise malienne ».



Le coordonnateur résident et représentant du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) au Mali, Aurélien A. Agbénonci, a déclaré que « le territoire du Mali est au deux tiers occupé par des rébellions de toutes sortes. Du point de vue humanitaire la priorité est l’accès dans le Nord car, avec l’installation de la Charia, la population va se trouver confrontée à des règles qui, pour elle, se traduit par une violation de leurs droits et de leurs libertés fondamentales ». Il a insisté sur le fait que « la stabilité politique est importante et ce n’est pas le moment pour les partenaires du Mali de l’abandonner, de suspendre l’aide budgétaire car si le gouvernement de transition n’a pas les moyens de maintenir ce qui est possible, on aura une situation encore plus catastrophique ». « Les groupes les plus vulnérables restent les femmes et les enfants. Il faut leurs permettre d’avoir accès aux soins et à la protection », a-t-il conclu.



« On considère que près de 3 millions de personnes sont affectées par la crise alimentaire et que 60.000 réfugiés sont arrivés en provenance du Mali au Burkina-Fas», a dit Pascal Karorero, Coordonnateur résident, représentant du PNUD à Ouagadougou. « A la fin du mois d’avril nous avions 130 millions de dollars alors que 236 millions étaient nécessaires. A travers l’appel du mois de mai 2012 nous n’avions pris en compte qu’un nombre limité de réfugiés, 25.000, alors actuellement nous avons atteint le chiffre de 60.000. Avec le début de la saison des pluies nous sommes donc préoccupés par la situation », a complété le coordonnateur au Burkina-Faso.

Catherine Fiankan-Bokonga

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