Il y a 27 jours - OnewoVision.com, vendredi 27 janvier 2012 - Vu 42 fois
Le Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Ian Martin, a expliqué au Conseil de sécurité que le pays était confronté à une transition difficile et a souhaité que les autorités libyennes puissent acquérir une certaine légitimité, notamment dans la perspective des élections prévues en juin prochain.
Après les nombreux incidents violents qui ont eu lieu en janvier, Ian Martin a mis l'accent sur le grave problème de sécurité que connaît actuellement la Libye, tandis que la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Navi Pillay, a alerté le Conseil sur la situation très préoccupante des droits de l'homme dans le pays.
« L'ancien régime a été renversé mais la dure réalité est que le peuple libyen continue de vivre avec son héritage d'institutions étatiques faibles, voire absentes. Avec l'absence de partis politiques et d'organisations de la société civile, cela rend la transition du pays plus difficile », a déclaré Ian Martin au cours d'une séance du Conseil de sécurité.
Le Représentant spécial a rappelé que le peuple libyen critique de plus en plus les institutions de transition, relevant notamment la résurgence des combats à Bani Walid où le Conseil national de transition (CNT) tente de nommer de nouveaux dirigeants.
Les manifestations à Benghazi, a précisé M. Martin, ont été déclenchées par les propos largement diffusés selon lesquels les anciens combattants du régime de l'ancien dirigeant Mouammar Qadhafi pourraient éventuellement bénéficier d'une amnistie. Les manifestants ont demandé une plus grande transparence, exigeant aussi que les anciens militants du régime déchu soient interdits d'accès aux institutions de l'État.
Ian Martin a regretté le manque de fiabilité des médias et des organisations de la société civile, ainsi que la faiblesse des institutions étatiques. Il a par ailleurs espéré que la radiation de la Banque centrale de Libye et de la Libyan Foreign Bank de la liste des entités visées par des sanctions permettra de surmonter le manque de liquidités.
Le CNT a rejeté la proposition du Comité électoral de prévoir un quota de 10% de femmes au futur congrès national. Pour Navi Pillay, assurer une représentativité minimale des femmes dans la vie publique et politique est pourtant le meilleur moyen de garantir que la révolution apporte des progrès concrets pour les femmes et les filles.
La sécurité à la frontière reste aussi une grande préoccupation du gouvernement de transition. La MANUL coordonne ses efforts avec ceux de l'Union européenne qui va envoyer sur le terrain une équipe d'évaluation de la gestion des frontières, a-t-il assuré.
Sur la question des droits de l'homme, la MANUL exhorte le gouvernement à accélérer les transferts des prisonniers pour pouvoir examiner leur cas. La nouvelle loi sur la justice transitionnelle n'a pas encore été promulguée, a-t-il ajouté.
De son côté, Mme Pillay a jugé urgent de mettre un terme aux abus en demandant que tous les centres de détention soient soumis au contrôle du Ministère de la justice. Elle a souligné « l'insuffisance de vision d'ensemble des autorités centrales » qui favorise un environnement propice aux mauvais traitements, dont la torture.
Enfin, Ian Martin a annoncé la tenue à la fin du mois d'une réunion avec des représentants de l'Union européenne et de la Banque mondiale, afin d'aligner l'aide internationale avec les sept priorités du gouvernement : la société civile et les médias, les élections, l'administration publique, la gestion des finances publiques, la fourniture des services sociaux, la communication stratégique et la justice transitionnelle. Il s'est en outre réjoui d'avoir signé avec le Ministère des affaires étrangères l'accord sur le statut de la mission, le 10 janvier.
Catherine Fiankan-Bokonga
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